«C’est une édition très importante pour nous, car c’est la première fois qu’on met en relation le renouveau continu du soufisme au sein la religion islamique. Sachant que le soufisme est un patrimoine d’une extrême richesse culturelle, artistique et spirituelle constituant le propre de notre civilisation islamique», précise Faouzi Skali, président du Festival de Fès de la culture soufie. C’est effectivement ce qu’assure la thématique de cette édition «Le soufisme à la rencontre des sagesses du monde : la route du soufisme du Maroc vers l’Inde» qui promet tout un voyage inédit autour des pays qui longent ce périple, mettant en exergue le soufisme dans toutes ses tendances.

Faouzi Skali atteste à ce propos la richesse et la profondeur du patrimoine culturel, artistique et spirituel du soufisme, qui s’enracine dans les siècles d’histoire et constitue, de fait, la trame vivante et sans cesse renouvelée de la civilisation de l’Islam. «Cette civilisation a pris plusieurs colorations en épousant différents terroirs culturels et en rencontrant d’autres religions et spiritualités», souligne Faouzi Skali. Ainsi, dans cette odyssée, le public aura le plaisir de découvrir les déplacements du grand mystique Ibn Arabi ou encore le voyageur Ibn Battuta qui, comme l’indique le président du festival, a voyagé à travers le monde en suivant en grande partie les filières des confréries soufies et les centres de «Futuwwa» (corporations basées sur la notion de la chevalerie spirituelle) qui leur sont liés et qui sont connus pour leur hospitalité légendaire.

«En chemin de ce périple, nous pourrions rejoindre par la pensée un autre voyageur, Al Biruni, qui a dédié un livre magnifique à ses relations de voyage en Inde». Mais la route ne s’arrêtera pas là pour cette édition, assure Faouzi Skali, puisque d’autres personnages seront accueillis pour leurs empreintes soufies, notamment Abdelkader Al Jilani, Attar, Rûmi…, qui font partie de l’histoire contemporaine, dont les enseignements et les œuvres sont restées comme des traces vivantes jusqu’à nos jours de ce long parcours qui va du Maghreb Al-Aqsa (l’extrême Occident : le Maroc) jusqu’en Extrême-Orient et en particulier en Inde, terre de rencontre de toutes les grandes spiritualités. «Dans chacune de ces étapes, la culture du soufisme a favorisé des rencontres, des œuvres littéraires, poétiques, artistiques, philosophiques».

D’ailleurs, l’objectif du festival, depuis sa création, est de faire découvrir tout ce patrimoine littéraire, intellectuel, artistique et spirituel de la culture soufie universelle à travers les siècles. Des moments forts seront, de ce fait, au rendez-vous de cette édition, comme la création originale en hommage à Al Shustari (le 14 octobre) «Souffle de l’Amour divin, du Maroc vers l’Inde», avec le chef d’orchestre et musicologue maître Omar Mtioui de Tanger. Pour la clôture, ce seront les grandes voix de Samaa du Maroc qui retentiront dans le ciel de la capitale spirituelle.

«Le festival se veut aussi une plateforme pour faire connaître à l’international une image positive de l’Islam, grâce au langage universel d’ouverture et de paix que prône la voix spirituelle qui l’habite : le soufisme. Puis, conforter, à travers cet événement, le positionnement du Maroc dans le dialogue interculturel en jetant un pont entre l’Orient et l’Occident. Ce qui nous pousse à poser plusieurs questions autour du rôle du soufisme dans le monde d’aujourd’hui, et comment lier la spiritualité à l’entreprise, à l’environnement, à l’action sociale. Et ce en dehors de la richesse artistique qu’il a inspirée en peinture, calligraphie, chants, musique, films, livres…», renchérit le président du festival.