Dans son allocution introductive, le Président de la Fondation nationale des musées, Mehdi Qotbi, n’a pas manqué de souligner que «cette exposition souhaitée par le gouverneur de la Banque d’Espagne, M. Luis Maria Linde, est une vraie offre de partage avec tous les Marocains. De mon côté, je ne remercierais jamais assez M. le gouverneur et son équipe pour tout le travail entrepris pour la réalisation de cette grande manifestation qui représente une occasion exceptionnelle pour renforcer les liens d’amitié entre nos deux pays». Mehdi Qotbi a également profité de cette circonstance pour rappeler que tout ceci n’aura pas été possible sans la volonté de S.M. le Roi Mohammed VI de valoriser notre patrimoine dans toutes les villes du Royaume et de démocratiser de l’art afin qu’il soit à la portée de tous les citoyens. «Et ce pour montrer que l’art et la culture contribuent d’une manière efficace à la connaissance de l’autre et l’échange avec lui».

De son côté, le gouverneur de la Banque d’Espagne, Luis Maria Linde, fut très satisfait de cette inauguration exceptionnelle d’une collection qui sort pour la première fois de son espace en Espagne. «Cette initiative accomplie grâce à la collaboration de mon cher collègue marocain, le wali de Bank Al Maghrib, Abdellatif Jouahri, et Son Excellence l’ambassadeur d’Espagne au Maroc, Ricardo Diez-Hochleitner, a suscité tout notre intérêt, d’autant plus qu’elle a eu l’honneur d’être parrainée par S.M. le Roi du Maroc et S.M. le Roi d’Espagne. Nous sommes d’autant rassurés que cette collaboration sera de bon augure pour l’accomplissement d’autres projets ensemble à l’avenir, sachant que le Maroc est un partenaire stratégique. L’art est, d’ailleurs, un créneau favorable pour faire évoluer les relations entre les deux pays», indique le gouverneur de la Banque d’Espagne qui, en témoignage de cette générosité et ce partage d’art, a mérité une décoration de S.M. le Roi
Mohammed VI.

Une belle reconnaissance qui montre la force des liens séculaires entre les deux pays, comme l’a affirmé Son Excellence l’ambassadeur d’Espagne au Maroc, en évoquant la collaboration, menée des deux côtés sur plusieurs plans, couronnée par cette exposition grandiose. «Je suis très touché par l’accueil chaleureux et sensible de cet événement qui met la culture au centre des relations hispano-marocain. Ce qui consolide davantage nos liens séculaires».

En effet, cette collection constitue un grand défi pour la Banque d’Espagne et permet d’offrir une sélection d’artistes qui ont marqué leur temps. «C’est un projet ambitieux qui permet aux Marocains de se familiariser avec les grands peintres espagnols, mettant en exergue un parcours des moments les plus significatifs de cette époque, et dénote une dualité entre l’historique et l’actuel», renchérit Yolanda Romero, conservatrice à la Banco de Espana et commissaire d’exposition, qui a, aussi, fait état de l’importance de la proximité géographique, entre le Maroc et l’Espagne, dans l’inspiration créative de plusieurs artistes présents dans cette exposition.


Questions au gouverneur de la Banque d’Espagne, Luis Maria Linde

«Cet événement témoigne de nos liens forts et uniques»

Pouvez-vous nous parler de l’impact de cette exposition sur les relations entre l’Espagne et le Maroc ?
C’est un événement assez exceptionnel, du moment que c’est la première fois dans l’histoire de l’Espagne que cette collection sort de ses lieux d’exposition. C’est une collection magnifique de 60 pièces qui présentent des peintres qui ont laissé une empreinte dans l’histoire de l’art plastique. Cet événement montre aussi que les relations entre nos deux pays sont tout à fait uniques et spéciales. Je pense que cet événement constitue un premier pas pour intensifier nos rapports artistiques et pour marquer les bons liens que nous avons déjà depuis des siècles. Nous sommes très reconnaissants pour le patronage offert à cette exposition par S.M. le Roi Mohammed VI et S.M. le Roi Felipe VI.

Dans le cadre des échanges entre les deux pays, pourrait-on voir un jour une exposition marocaine à l’intérieur même de la Banque centrale espagnole, sachant que la Banque marocaine possède, aussi, une grande collection picturale ?
Bien sûr que cela pourra se réaliser et on donnera à ce projet tout l’intérêt qu’il mérite. Ce sera un plaisir réciproque.